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Les enfants veulent être aimés pour ce qu’ils sont

 

.., et pas ce qu’on voudrait qu’ils soient. Cela ne veut pas dire qu’il faille arrêter de les éduquer, d’essayer de tout notre cœur de les aider à s’améliorer !

 

Dans cet article, je souhaite vous aider à clarifier la différence entre ce que vous vivez au quotidien avec votre enfant (ou les enfants de votre classe, structure), et vos attentes face à eux, car cela peut être plus subtil qu’on imagine.

 

Il est peut-être évident, pour vous, qu’aimer un enfant signifie de l’accepter entièrement pour ce qu’il est. Mais qu’en est-il lorsqu’il développe en grandissant un caractère fort, qu’il s’affirme et ne lâche pas, qu’il s’adapte moins bien que prévu à un environnement standard, qu’il devienne trop extraverti ou introverti (selon vos critères), qu’il vive des difficultés sociales, émotionnelles, des troubles comme ce qu’on appelle le Tda (trouble d’attention) ou le Tsa (trouble autistique), lorsqu’il s’intéresse à trop de choses (à vous couvrir de questions sans arrêt), ou à une seule chose (les trains par exemple, et peut-être pour toute sa vie).

 

J’évoque ce sujet délicat puisque de nombreux parents, éducateurs ou enseignants m’ont confié leurs difficultés face à ce genre de situations. Pour dire vrai, je pense que lorsqu’on devient parent, enseignant, ou éducateur, on se dit naturellement « je verrais bien, j’improviserai ». Et moi le premier !

 

Lorsqu’on m’a présenté le petit Léo (héros de mon livre « Dans la peau d’un enfant atypique »), je ne m’attendais pas à ce qu’il m’enseigne le Rubik’s Cube ou la programmation Python, je ne pensais pas être capable de le tenir de toute ma force pour l’empêcher de faire mal aux autres, ou de se mettre dans de sales draps. Et pourtant j’y suis allé, je suis sorti de ma zone de confort et sauté dans l’inconnu. C’était difficile, parfois douloureux, j’en ai fait des insomnies, j’ai repassé le film de mon enfance pendant des mois, mais je reconnais que cet enfant m’a transformé.

 

Alors, dites-moi.

 

Sentez-vous, depuis vos profondeurs, comme vos enfants vous aident à vous transformer ?

Même si ce n’est pas toujours confortables, souvenons-nous comme cette transformation nous fait grandir.

 

Pour mon cas, et face à cet enfant si spécial (HP-TSA) j’ai fait avec ce qui était déjà-là. J’ai vu son potentiel, son envie de partager, son envie d’apprendre, en même temps, j’ai aussi fait avec ce que j’estimais être bénéfique pour lui, et je n’ai jamais lâché mon objectif de le réintégrer dans sa classe, de l’aider à se faire des amis, de nourrir son intellect tout autant que sa résilience. Tout un programme. Ce que j’ai fait avec Léo, et que je fais avec chaque enfant depuis, c’est un exercice d’acrobatie psychologique qui consiste à 2 choses simultanées :

 

1)    Accepter l’enfant tel qu’il est, l’aimer entièrement, sans jugement ni comparaison.

2)    Savoir, depuis son cœur (en pesant ses attentes, ses peurs, ses espoirs, son expérience de vie), ce qu’on souhaite voir advenir chez cet enfant, et le guider vers cela sans attentes sur le résultat.

 

Accepter ce qui est tout en guidant vers ce qu’on aimerait qui soit. N’est-ce pas un art des plus fins ? Et, même si cela peut vous choquer, j’ai la conviction que nous avons tous la capacité de faire cela, mais chacun à notre manière. Car il faut un village pour élever un enfant, et je suis convaincu que l’enfant se réjouit d’avoir dans son quotidien des adultes différents, à condition qu’ils soient bienveillants (non-jugeant).

 

Je raconte beaucoup l’histoire des peuples premiers, où, dit-on, il faut un village pour élever un enfant. Qu’est-ce que ça signifie en fait ? Ce qu’ont racontés les anthropologues, c’est que dans ces peuples, il y a toujours, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, un adulte disponible pour prendre soin, jouer, guider, enseigner, montrer, protéger, discuter. Dans ces conditions, il est facile de passer le relais lorsqu’on veut aller travailler ou se ressourcer.

 

Mais comment appliquer cela dans nos sociétés modernes ?

 

Dans de nombreuses structures pour enfants, par exemple, on peut prendre une pause et laisser un collègue se charger de son groupe, mais lorsqu’on est parent solo, on n’a pas ce luxe. En même temps, j’ai travaillé avec des tous petits et nous étions 2, donc 4 mains, pour apaiser 10 enfants dont 6 avaient besoin de contact pour se détendre, à ces moments j’enviais aussi les parents qui n’en ont qu’un à bercer.

 

Tout ça pour dire que l’idéal n’existe pas. Nous n’avons pas d’autre choix que d’accepter ce qui est, mais nous pouvons choisir de demander de l’aide, de chercher des solutions nouvelles, d’apprendre d’autres manière d’être auprès des enfants. Bref, il est légitime, pour tout parent, de chercher ce qui apporter un réel soutien, et je dis réel car j’ai entendu des témoignages de parents qui ont dépensé des sommes en thérapie / psychiatries qui n’ont apporté aucune aide réelle à leur enfant.

 

J’aimerais vous demander : savez-vous quelle est la principale menace à ce réel soutien ?

 

C’est l’uniformisation, la standardisation. Imposer que l’enfant, pour son âge, son genre, sa classe, ou ses notes, se comporte de telle ou telle manière.

 

Je crois que toute méthode, si on cherche à l’appliquer sans se remettre en question, sans l’adapter au public, à l’époque, ou à la culture, sera vouée à l’échec. Il y aura des résultats bien sûr, mais au prix d’enfermer l’enfant dans un moule. Et, pour ma part, je crois que le moule scolaire ne vaut pas mieux que le moule Montessori, Evangéliste, parentalité postiive ou Freudien, puisque tout être vivant, enfant, adulte, végétal ou animal, a envie de se sentir libre de ses choix.

 

Le moule pousse à la comparaison, à l’endoctrinement, et donc donne suite à de la violence. Cette violence que nous percevons tous dans notre société, sur les réseaux, dans les classes, dans les entreprises etc…

 

Si nous voulons changer la société, nous devons prendre conscience de cela, et sans avoir besoin de le crier sur les toits ou de se révolter contre ça, mais d’y apporter un changement.

 

À tous les moules confortables que vous souhaitez imposer : l’enfant sage, propre, poli, croyant, intelligent, sportif, qui a confiance en lui, qui ne mange pas de bonbons, qui est protégé des écrans ou de la société, l’enfant déconstruit, non-genré, il y aura toujours un revers de la médaille.

 

Des chercheurs comme Gabor Maté n’ont pas peur de dire que l’épidémie de Tda/h (mais aussi pour le cancer et de nombreuses autres maladies) est avant tout une conséquence des traumatismes vécus dans l’enfance. Un de ces traumatismes est celui-ci : « Je n’ai pas été accepté tel que je suis ».

 

La question est donc très complexe : « Comment faire en sorte de guider l’enfant sans le mettre dans un moule, et tout en le faisant se sentir aimé et accepté tel qu’il est ? »

 

Pour répondre à cette question, je sais qu’il existe des milliers de réponses, logées dans le cœur de parents aimants, de maitresses et d’éducatrices impliquées, et qui ne demandant qu’à être mis en pratique.


Prenons exemple sur Maman Canard : les canaris suivent par plaisir d'être avec leur mère, besoin de protection, sentiment de meute (tribu), ils savent qu'on est plus fort ensemble, et qu'ils ont besoin d'elle pour apprendre un tas de choses. Au moment juste (et surement différent pour chacun), ils iront vivre leur vie.

Et vous, qu'avez-vous envie de transmettre à vos enfants ?

 

Nicolas Delarose - 2026

 
 
 

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